Lu 2 527 fois
Mai 112014
 

21-04-14 09-57-25Pensant qu’il s’agit là d’un produit innovant et surtout qui va devenir très courant dans les prochains mois et années (il n’y a qu’à voir ce que Apple nous prépare et d’autres nous préparent sur le sujet), nous vous parlons souvent des traqueurs d’activité depuis déjà plusieurs semaines. Aujourd’hui, nous voudrions essayer de constituer le traqueur idéal. Pour cela, nous allons recenser diverses spécifications qui nous semblent importantes, mais qui malheureusement ne figurent pas sur le même produit, mais se retrouvent un peu sur chacun. Nous vous rappelons que vous pouvez revenir sur quelques anciens articles, comme ce petit récapitulatif, le dernier Pulse, ou encore celui-ci,  ou aussi celui-là, pour rester sur le sujet. Voici donc les spécifications que devrait posséder un bon traqueur :

⇒ un comptage de pas efficace : c’est la base même de tout traqueur actuel. Ce sont en fait des podomètres évolués. Utilisant des modules accéléromètres précis et des algorithmes de calculs performants, le traqueur additionne le nombre de pas qu’il « ressent » et à partir de là évalue votre activité, vos calories brûlées, la distance parcourue, etc. Sauf que… cette technologie semble avoir encore à prouver son efficacité. A plusieurs reprises, nous avons porté les traqueurs d’activité au même endroit pendant la même période. Nous avons pris soin de noter le nombre de pas au départ de l’activité et à la fin. Et il faut bien avouer que le résultat final est tout sauf équivalent. Les différences étaient parfois énormes, avec plusieurs milliers de pas d’écart. Et lequel faut-il croire ? Dans nos tests, le traqueur iHealth se montre léger dans le nombre de pas, alors que le ViFIT Connect Bluetooth est au contraire très optimiste (beaucoup trop ?). Son petit frère; le Connect non Bluetooth serait quant à lui plus honnête sur le nombre de pas. Les modèles Shine de , Pulse O2 de Withings et Loop de Pulsar sont assez proches, disons dans une bonne moyenne.

04761993d98207c0278154fc6271a58d_500x350triLe traqueur AM63 d’iHealth

MAIS il faut absolument associer les produits à leur application dédiée. Les traqueurs rassemblent des données brutes qui sont ensuite envoyer à l’application (ou au Cloud) pour y être traitée. Un exemple récent que nous avons relaté est celui du ViFIT Bluetooth : les données du traqueur ne sont pas analysées encore de la même façon par l’application Vitadock+ et par la page en ligne Vitadock Online. Au final, les graphiques semblent différents, mais ce n’est qu’un problème de traitement qui devrait être résolu dans une prochaine mise à jour selon (Vitadock+ est une application récente). Donc il est important que le traqueur soit bien associé. Dans ce cas, il faut bien dire que Withings remporte la palme pour le moment avec des informations très complètes sur ses applications et pages en ligne.

⇒ Une analyse du sommeil automatique : cela existe, certains traqueurs la possède et cela fonctionne plutôt bien. C’est le cas du Shine de Misfit et du Loop de . Le traqueur détecte que vous êtes couché pour vous endormir grâce à une association d’absence de mouvements, de position et d’heure. Et il faut bien avouer que la détection est assez bonne, voire excellente. Pour les autres modèles que nous testons, il faut absolument « enclencher » le mode nuit, et de façon pas toujours très évidente. Si pour le iHealth il suffit de maintenir enfoncé le bouton 3s, pour le ViFIT ou le Pulse O2, une succession d’appuis sur le bouton est nécessaire, avec un nombre de 6 pour le Pulse. C’est trop ! Et il ne faut pas oublier de faire la manoeuvre inverse le matin, ce qui peut être facilement oublié.

Pour ce qui est des résultats, là encore tout est basé sur les mouvements : nuit agitée donc sommeil léger voire éveillé et donc pas réparateur, nuit calme donc sommeil profond et réparateur. Les données sont également traitées via les applications et là encore les affichages divergent. Withings remporte encore la palme avec des graphiques précis. Chez les autres, des ajustements seraient les bienvenus pour avoir plus de détails.

16-04-14 10-13-24Le ViFIT Connect Bluetooth de Medisana

Une fonction de réveil intelligente existe, mais reste peu implantée. Elle permet, souvent via une vibration, de réveiller le porteur au bon moment (donc pas dans un sommeil profond). Une marge de 30 minutes est en général prise en compte et le réveil est meilleur. Dans le groupe de traqueurs analysés ici, seul le iHealth possède une fonction qui s’y rapproche.

⇒ un écran de visualisation immédiate : qui dit écran dit affichage, donc énergie dépensée. Et justement l’autonomie est un facteur important pour ces appareils. Là encore, différentes options ont été choisies. Le plus souvent, c’est un petit écran OLED, monochrome (rouge, bleu ou blanc) qui s’allume à la demande. Tous les traqueurs testés ici possèdent un petit écran, sauf le Shine chez qui Misfit Wearables a préféré des diodes, au nombre de 12 sur la périphérie, qui vont avoir, selon les besoins, une fonction différente. L’avantage est indéniable : une autonomie de 4 à 5 mois avec une simple pile bouton. Mais un inconvénient important : impossible d’avoir des données de pas ou d’activité quantifiée immédiatement. Pour les autres, les écrans les plus lisibles sont avec les ViFIT (technologie OLED identique pour les deux modèles, mais affichage légèrement différent en terme de contenu) et le iHealth. Pour le Pulse O2 et le Loop, l’affichage OLED se trouve recouvert d’une couche de plastique qui le rend plus flou, donc une lecture plus difficile, surtout pour les petits chiffres (ne vous trompez pas avec les boîtes de présentation, il y a un autocollant simulant l’affichage, donc plus clair).

01-02-2014 11-31-04
01-02-2014 11-29-09Le ViFIT Connect (non Bluetooth)

une bonne autonomie : nous venons de voir que le champion en autonomie parmi nos traqueurs en main actuellement est le Shine de Misfit, qui se maintient en vie au moins 4 à 5 mois avec une pile bouton classique. Sans l’avoir vérifié, Garmin annonce une autonomie d’une année avec son dernier traqueur. A voir. Sinon les autres produits de notre panel doivent être rechargés régulièrement. Le moins constant et plus réfractaire est le Loop de Polar. C’est d’ailleurs un de ses principaux défaut. Notre unité a du être retournée au SAV une semaine après réception pour un défaut d’autonomie. Et son principe de charge, très propriétaire, n’arrange rien : il s’agit d’une petite prise ronde avec embase magnétique qui renferme quatre plots de connexion. Sauf que l’effet magnétique n’est pas très fort et le moindre mouvement du bracelet peut se faire détacher la recharge. L’avantage, car il y en a un, c’est que le principe renforce l’étanchéité.

Le ViFIT non Bluetooth possède également un fil de recharge propriétaire avec une base adaptée sur laquelle il se glisse pour le transfert et la recharge. Pour les autres, un connecteur micro USB est présent pour permettre la recharge. Selon l’usage, la tenue est d’environ 5 jours, voire 7, selon la demande d’affichage et de transferts demandés.

05-05-14 12-33-17

Le Pulse O2 de Withings

une bonne solidité et une certaine étanchéité : ces petits appareils sont prévus pour être portés quasi en permanence et donc se doivent d’être à l’épreuve de toutes les activités de leur porteur. Sauf que leur fabricant a aussi voulu qu’ils soient le plus légers possible. Or bien souvent, légèreté et solidité ne vont pas ensemble. Alors certes, ces produits sont en général en plastique et pèsent moins de 10g chacun. Portés au poignet, ils ne sont pas à l’abri de petits chocs ou de frottements avec d’autres objets plus durs. Et surtout, ils doivent pouvoir supporter une petite pluie, un lavage de mains et peut-être plus.

Le traqueur le plus design n’est malheureusement pas le plus résistant, tout simplement en raison de son revêtement anodisé. Si le Shine est petit et élégant, il est également plus fragile principalement pour les rayures.

11-05-2014 11-59-10Un Shine « neuf » (avec ses diodes allumées)

11-05-2014 12-00-31Le mien après 6 mois (toujours porté au poignet) et en
y faisant un minimum attention ! Beaucoup de rayures.

Le iHealth et le ViFIT Bluetooth possèdent quant à eux un revêtement lisse et brillant qui pourrait laisser croire à plus de fragilité aux rayures. Et bien non, au contraire. C’est plutôt résistant. Le ViFIT non Bluetooth est moins résistant. Quant aux Pulse O2 et Loop, le revêtement moins lisse est plus passe partout.

Pour ce qui est de l’étanchéité, il est possible de nager avec le Shine de Misfit et le Loop de Polar. Le ViFIT non Bluetooth est également étanche. Les autres, ne le sont pas ou beaucoup moins. On peut prendre une douche avec le iHealth, quant au Pulse O2, autant lui éviter trop de projections d’eau.

Les accessoires fournis : à part le ViFIT non Bluetooth et le Loop, qui se suffisent à eux-même avec leur forme en clip pour le premier, et en bracelet d’une pièce pour le second, les autres traqueurs sont livrés avec un bracelet au minimum, qui permet donc de le porter au poignet. En général, cet accessoire est classique et souple, sauf peut-être celui du iHealth plus rigide, et donc moins aisé pour y glisser le traqueur et son bouton plus proéminent. Le ViFIT Bluetooth se glisse dans un étui-bracelet en silicone souple, d’où il peut éventuellement, mais rarement quand même, se déloger en cas de choc. Le Shine se glisse également dans un anneau de caoutchouc qui vient se placer dans la rainure autour du traqueur (et peut également s’en sortir en cas de choc). Enfin le Pulse O2 se glisse dans un très joli berceau en aluminium (en respectant le sens), lui même accroché à un bracelet classique en silicone en deux morceaux. A noter que l’attache est normalisée aux dimensions d’un bracelet de montre, et donc on peut très bien le remplacer à sa convenance avec n’importe quel bracelet du commerce.

Un clip de ceinture est également fourni avec le Shine (avec un système magnétique intéressant), le iHealth (un peu trop dur et fragile selon moi) et le Pulse O2.

Un fil de connexion USB, propriétaire ou non, comme déjà mentionné, est bien sûr fourni. Il est très petit chez Withings (environ 15 cm).

Mise à jour des produits : la plupart des produits testés ici sont régulièrement mis à jour (par firmware). Seul les ViFIT n’ont pas été conçu pour cela. Medisana préfère améliorer ses applications. C’est aussi bien sûr le cas de tous les fabricants : les applications sont régulièrement améliorées et les services en ligne, quand ils sont disponibles, le sont également. C’est également un des problèmes pour évaluer ces produits, car un défaut aujourd’hui pourrait très bien être solutionné demain.

xl_Polar-Loop-624Le Loop de Polar

Les petits plus : outre les différences avec les résultats produits par les applications, tous les traqueurs ne fournissent pas de page en ligne, ou Cloud. C’est le cas du Shine. Les résultats sont stockés sur un serveur, mais visibles seulement dans l’application (pour le moment en tout cas).

Mais la grosse différence vient du Pulse O2, qui comme son nom l’indique, fournit également le taux d’oxygène dans le sang, en plus des pulsations cardiaques. Malheureusement, pour accéder à cette fonction, il faut que le traqueur soit libre de son support (bracelet ou clip) et on doit aller chercher la fonction dans le menu. C’est dommage que la fonction ne puisse pas être disponible plus directement (comme cela semble être le cas du Samsung Gear Fit).

Egalement présent sur le Pulse O2, la mesure de dénivelé. Elle fournit en plus de la distance, le dénivelé produit pour y arriver. mais attention, il ne s’agit pas simplement de la différence d’altitude. Monter un col en voiture ou prendre l’ascenseur ne changera pas la valeur. Il s’agit seulement du dénivelé effectué pendant un effort d’activité.

EN RÉSUMÉ, et après l’étude de ces cinq modèles, le meilleur traqueur devrait être très précis sur le comptage de pas, avoir un écran de visualisation relativement complet, avoir une autonomie d’au moins deux à trois semaines minimum, être solide et surtout pas trop sensible aux rayures, proposer des résultats complets via une application sur smartphone ou tablette, avoir un suivi du sommeil automatique, un capteur de pulsations cardiaques (et oxymètre) direct sans manipulations supplémentaires, une mesure de dénivelé d’effort, des connexions filaires « normalisées », des accessoires pratiques et solides et des mises à jour régulières.
Donc il faudrait un petit bout de chacun des produits dont on a parlé ici. Cruel dilemme.

Bien entendu, cet article n’est pas exhaustif et pourrait être actualisé selon les nouveautés à venir.

APPEL : vous possédez un traqueur d’activité, de ceux que l’on a discuté ici ou d’une autre marque ? Témoignez de votre expérience en nous contactant !